lundi 25 février 2013

BOEUF BOURGUIGNON AUX SAVEURS ASIATIQUES

OU L'HISTOIRE D'UN CAMBODGIEN DEVENU DIJONNAIS
La recette d'aujourd'hui est une recette que j'ai pensée et réalisée pour le concours de ma copine Galou sur son super blog "Once upon a cook". Le thème du concours:  Once Upon a...(il était une/un...). L'idée est donc de réaliser une recette qui raconte une histoire. Pas forcément un conte ou une légende mais une histoire qui nous touche et qu'on a envie de raconter avec un plat. Je vous laisse découvrir ce super blog et le concours en cliquant sur le logo:

C'est un thème qui m'a assez vite inspirée et j'ai eu envie de participer en racontant une histoire que j'ai envie de partager avec vous: celle de mon papa.

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis "métisse" (d'où le nom de mon blog!): ma maman est Française (dijonnaise pour être plus précise) et mon papa est né au Cambodge.
Quand il a quitté son pays, il avait 19 ans et ne parlait pas un mot de Français. Le Cambodge connaissait une guerre interne ignoble qui a entraîné un génocide et des atrocités sur la population. Mon papa vivait alors dans un village côtier du nom de Kampot (au sud du Cambodge) avec ses 8 frères et soeurs, ses chiens pékinois, ses parents et sa grand-mère. La période était difficile.

Mon père et l'un de mes oncles ont eu l'opportunité de quitter le pays: grâce à la chance et au hasard ils ont pu bénéficier, avec une cinquantaine d'autres garçons, des services de la Croix-Rouge qui emmenaient des cambodgiens hors des frontières, vers la France. Après un très long voyage, ils ont atterri au Havre au moins de Février 78, en plein hiver, sans avoir aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Mon père m'a confié récemment qu'il était persuadé que l'avion allait les emmener aux Etats-Unis...

Après une période d'adaptation en région parisienne dans un foyer pour réfugiés, ils ont dû choisir une ville de France où partir s'installer. Comme ils n'avaient aucune idée de la manière dont ils allaient faire ce choix, ils ont sorti une carte de France qu'ils ont accrochée sur un mur et ils ont joué aux fléchettes (je crois que la soirée était un peu arrosée!): pour mon père et mon oncle, la fléchette s'est plantée en Bourgogne, à Dijon.

Et voilà comment mon père est venu vivre à Dijon, à appris le Français, a rencontré ma maman et est devenu plus bourguignon que les bourguignons: il aime les fromages bien typés (il adore l'époisse), il a appris à boire et apprécier le vin , à aimer la moutarde et le cassis, à manger du pain à tous les repas (même au restaurant chinois!)...
Et l'histoire de mon papa, c'est aussi mon histoire parce que si cette fléchette n'avait pas atterri sur Dijon, je ne serais pas là en train de vous raconter tout ça.
Bref, pour raconter cette histoire où l'Asie est venue à la rencontre de la Bourgogne, j'ai réalisé une recette de boeuf mi-bourguignon mi-asiatique. Pour cela j'ai utilisé une recette de boeuf bourguignon où j'ai remplacé le vin rouge par du vin blanc (plus adapté aux saveurs d'Asie) et dans laquelle j'ai intégré des épices et des produits d'Asie.

Galou, j'espère que l'idée te plaira. Le résultat est savoureux: une viande moelleuse, épicée, parfumée où l'on retrouve les goûts de ces 2 régions du monde, si éloignées et qui s'accordent pourtant très bien!

J'ai réalisé une photo très kitch pour toi Galou, avec tous les éléments importants et un petit décryptage:


Je précise juste que mon papa est vivant parce que là ça fait un peu autel à la mémoire des morts! Alors disons que c'est un autel à la gloire de mon papa!
Et maintenant après cette belle histoire, voilà la recette:
Pour 4 personnes
Préparation: 30 minutes
Cuisson: 3 heures et +
800 g de boeuf à braiser dégraissé au maximum (paleron chez moi)
50 cl de vin blanc de Bourgogne (Meursault blanc chez moi)
30 cl de bouillon (à préparer à l'avance: 1/2 tablette de bouillon de légume + 30 cl d'eau)
2 carottes
1 grosse pomme de terre (ou 2 petites)
1 gros oignon rouge
1 morceau de gingembre frais
1 tige de citronnelle
2 cuillères à soupe de pâte de curry rouge
2 clous de girofle
1/2 cuillère à café de curry en poudre
Le jus d'1/2 citron vert
1 cuillère à café de moutarde (de Dijon!)
2 cuillères à soupe de farine
Thym et laurier (pas trop)
1 grosse poignée de noix de cajou non salées
Sel, poivre
Huile d'olive
Persil

1/ Découper la viande en gros cubes. Émincer finement l'oignon et le gingembre. Peler la tige de citronnelle et la découper en gros tronçons.
2/ Faire chauffer un peu d'huile d'olives dans une grande cocotte en fonte. Quand l'huile est chaude, faire dorer la viande sur tous les côtés. Retirer la viande et réserver.
3/ Dans la même cocotte, faire revenir l'oignon avec le gingembre. Ajouter le curry en poudre, les clous de girofle, la citronnelle, le jus de citron. Saler, poivrer et mélanger. Quand les oignons sont translucides, ajouter la viande. Saupoudrer de farine et mélanger avec une cuillère en bois de manière à enrober les morceaux: c'est ce qu'on appelle "singer" la viande et c'est ce qui permettra d'obtenir une sauce onctueuse en fin de cuisson.
4/ Verser le vin blanc et le bouillon: le liquide doit juste couvrir la viande. Ajouter la pâte de curry rouge, la moutarde, le thym et le laurier puis mélanger. Attendre la première ébullition et baisser le feu tout doux. Couvrir et laisser cuire 1 heure.
5/ Après une heure de cuisson, ajouter les carottes et la pommes de terre coupées en gros morceaux. Couvrir et laisser cuire deux heures supplémentaires à feu très doux en remuant de temps en temps.

Avant de servir hacher grossièrement les noix de cajou.
Mettre la viande dans un bol avec la sauce, parsemer de noix de cajou et de persil et servir bien chaud.






J'ai accompagné mon boeuf d'un riz basmati au lait de coco et aux raisins secs: je remplace la moitié de l'eau de cuisson par du lait de coco et j'ajoute quelques minutes avant la fin de la cuisson une grosse poignée de raisins secs (que je fais tremper dans un bol d'eau chaude pendant la cuisson du riz).



Merci Galou pour ce super concours! J'ai adoré le thème et encore plus créer une recette autour de cette histoire qui me tient vraiment à coeur.

Vous pouvez me retrouver sur ma page Facebook et/ou vous abonner à ma newsletter.

20 commentaires:

  1. Merci pour ta participation. Ton histoire m'a beaucoup émue (j'en ai les larmes aux yeux). Une belle histoire, digne d'un conte de fée <3
    Et la recette... hmmmm... en plus, j'adore le boeuf bourguignon. Je crois que je vais tester ta version rapidement ^_^
    Gros bisous <3

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    1. Galou, je suis ravie que la recette te plaise! J'ai adoré la faire pour ton concours, tu sais que ça me tenait à coeur :)

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  2. Trop chouette (j'ai même pas fait exprès par rapport au porte-bonheur :p)! J'ai adoré lire ta petite histoire, qui est super émouvante!

    Des bisoooous ma copine

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  3. Hélène, ton papa est canon!!!! Ce petit sourire sur la photo, haaaa c'est trognon, je comprends pourquoi ta mère a craqué!
    Superbe histoire, toute belle, une sacrée aventure! J'espère que tu gagneras le concours de Galou parce que la recette aussi est super chouette, originale, bref... je suis toute émue!
    Je compte bien essayer ton boeuf bourguignon et je ne manquerai pas de raconter la petite histoire qui va avec. Tes parents doivent être fiers de toi!
    Plein de gros becs!

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    1. Ahaha Scarlett!! Merci, mon papa c'est le plus beau de toutes façons!
      Le thème de Gaou m'a vraiment inspirée et on s'est régalé avec la viande qui était délicieuse!
      Des bisous Scarlita :)

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  4. Une bien jolie histoire et vive la cuisine du métissage !

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    1. Oui vive le métissage!!! en cuisine et ailleurs!

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  5. Quelle belle histoire Hélène !
    Et cette recette ! Le top !
    Je suis comme Scarlett ! J'espère que tu gagneras parce que c'est vraiment émouvant !!
    Bizzzzzzzzzz

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    1. Merci ma Marie!!! J'aimerais gagner le concours de Galou mais le fait d'avoir pu raconter l'histoire de mon papa est une belle victoire déjà :)
      Bisous :)

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  6. Oh mais j'ai encore laissé un message en oubliant de le valider....
    Je disais que cette histoire était très belle et très émouvante ! ♥

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    1. Mais oui Mumu c'ets chiant ce truc pour dire qu'on est pas un robot, ça me le fait sur plein de blog quand je veux laisser un com!
      Merci pour ce gentil message! Bisous

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  7. voilà qui est original : Allier tradition française et cuisine asiatique ! Tout ce que j'aime quoi ;)

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    1. Merci! J'aime mélanger des saveurs différentes, pour une cuisine métissée, à mon image!

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  8. C'est une très belle histoire, encore mieux c'est la tienne que tu nous racontes dans ce plat!
    Et puis perso je suis pas fan du bœuf bourguignon, mais toute la nourriture asiatique j'en raffole! Alors si tu l'ajoutes au bœuf bourguignon ça peut que me plaire!

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    1. Merci lolotte!!! Je ne suis pas une très grande fan du boeuf bourguignon non plus, particulièrement du vin rouge avec la viande...Mais là vin blanc et produits asiatique, hum, ça fonctionne :)

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  9. waouhhhh qu'elle belle histoire ma belle :-)
    comme quoi la vie est faites de chance, de belles rencontres et ton histoire nous prouve qu'il faut toujours y croire, ça a pas du e^tre facile pour ton papa, il a toujours sa famille là bas ? en tout cas heureusement qu'ils se sont rencontré sinon tu ne serais pas la ma belle et quel dommage ça serait ♥ ta recette reflète bien ces 2 pays et c'est une très bonne idée, tu l'avais déjà cuisiné ou c'est une première !!! en tout cas chapeau !!! j'espère que ta belle histoire familiale ainsi que ton plat te feront gagner, de gros bisous mon Hélène ♥

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  10. Un véritable conte de fées !
    Ton plat a l'air bon mais surtout l'histoire est touchante !
    C'est beau, très beau, merci pour ce doux billet !

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  11. Je suis très touchée par ton histoire;j'ai été abandonnée à l'âge de 3 mois dans un orphelinat à Séoul.J'ai été adoptée,vécu et grandi en France et j'ai retrouvé ma famille biologique en Corée il y a 5 ans.J'adore l'idée dece plat car il reflète ta double culture, tout comme moi.Je vais essayer de le cuisiner demain soir et je suis sûre que mes amis vont l'adorer!

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    1. Merci pour ce très gentil message qui me touche beaucoup également. Je suis très fière de ma double culture et du parcours de mon papa. J'espère que les retrouvailles en Corée vous ont fait du bien :)
      Et j'espère aussi que ce plat vous aura plu ainsi qu'à vos amis :)

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